5 500km plus tard, nous atteignions enfin notre terminus: Broome. La jolie ville côtière nous a accueillis chaleureusement sous ces grands cocotiers et son soleil brûlant.
Cable beach
À peine Loan, Hélios et moi-même avions posé un pied/une roue derrière le panneau Bienvenue de Broome que nous avons couru admirer le coucher de soleil à Cable Beach. Nous ne faisions qu’entendre parler de cette magnifique plage depuis que nous avons pris notre envol de Perth. Il fallait qu’on voie cela de nos propres yeux.
Nos orteils ont rencontré le sable encore ardent au même moment où nos regards se sont plongés dans le coucher de soleil le plus extraordinaire de notre existence. Le ciel s’enflammait jusqu’à partager un soupçon de sa couleur flamboyante à l’océan. Une fois arrivé au niveau de la mer, notre bel astre solaire semblait s’écraser sur la ligne d’horizon, tel un ballon que l’on ferait dribbler sur le sol.
Le temps s’est suspendu un instant. Comme le Titanic, une fois qu’il fut séparé en deux morceaux. Un moment de flottement. Un moment de calme. Un moment de répit. Avant de se laisser couler dans les abysses.







Nous sommes retournés à Cable Beach chaque jour de la semaine. Une fois, nous observions les pauvres dromadaires trimballer des touristes sans scrupules sur leur dos. Une autre, je tentais de séduire mon amoureux en faisant des headstands (ce qui m’a malheureusement valu une belle piqûre de la seule abeille qui traînait dans le coin).
Parfois, nous essayions tant bien que mal de rattraper le bronzage de paysans que le road trip avait ancré sur nos peaux. D’autres fois, nous buvions les paroles d’un inconnu nous racontant que Cable Beach tient son nom d’un câble télégraphique sous-marin posé en 1889 entre l’Australie et Java afin de relier le pays au reste du monde.
Simpson beach
La côte est nous a offert son lot de plage paradisiaque et d’eau turquoise. L’outback nous a ébloui de sa terre rouge ocre. Le Western Australia, lui, semblait avoir trouvé l’équilibre parfait entre ces deux mondes en mêlant mer limpide et sable terracotta. Un cocktail que nous étions bien décidés à savourer.
Il est tout de même assez fascinant d’observer ces deux couleurs s’embrasser sans réellement s’influencer. Ce contraste spectaculaire s’explique par un mélange de géologie, de lumière et de physique.
- Le rouge et le bleu sont opposés sur le cercle chromatique. Lorsqu’elles se retrouvent côte à côte, le constat est d’autant plus éclatant.
- La mer, quant à elle, absorbe les couleurs chaudes de la lumière solaire et reflète surtout le bleu.
- Le sable rouge provient d’un long processus d’oxydation du fer sur plusieurs millions d’années. Mais ce sable forme principalement les falaises et les dunes qui bordent la plage sans vraiment atteindre la mer. Le fond marin est bordé d’un sable plus clair participant grandement à l’éblouissant bleu azur.
Gantheaume beach
Sur les pas des dinosaures
Comme si Broome n’était pas déjà pleine de surprises, la ville nous a aussi offert l’occasion de nous glisser, l’espace d’un instant, dans la peau d’un archéologue. À Gantheaume Point, la marée basse dévoile des empreintes fossilisées de dinosaures vieilles d’environ 130 millions d’années. Marcher dans les traces de ces créatures presque mythiques donne l’impression de faire un véritable bond dans le passé.
Le Shinju Matsuri Festival,
Un soir où nous nous sommes rendus sur cette plage avait lieu le Shinju Matsuri Festival, qui signifie littéralement « festival de la perle » en japonais. Broome, qui est historiquement réputée pour son industrie perlière, a attiré de nombreux travailleurs japonais (parmi d’autres communautés asiatiques) à la fin du XIXe siècle.
Leur influence a profondément marqué l’identité de la ville. On retrouve aujourd’hui encore des cimetières japonais, des lanternes et décorations asiatiques dans les rues, ainsi que ce festival multiculturel célébré chaque année pendant deux semaines.
Eco beach resort
Broome marquait la fin d’un magnifique road trip de 5 500 km, mais aussi le début d’une longue séparation de cinq mois. Pour être sûre que les 16 000 km qui nous sépareraient n’agissent pas comme un agent amnésiant sur Loan, je lui ai offert une nuit dans un resort de luxe en bord de mer.
Le temps d’un séjour, nous nous sommes glissés dans la peau de Charles-Édouard et Marie-Cécile : lunettes de soleil au bout du nez, pieds en éventail, cocktail à la main, le tout affalés sur des transats au bord d’une piscine avec une vue imprenable sur la mer.
Mantra du séjour : ne rien faire.
Je crois que les photos témoignent d’une mission réussie…













James Price Point
C’était comme si nous avions atterri sur Mars. Le sable oxydé s’était aggloméré pour façonner d’étonnantes formations rocheuses, au pied desquelles nous avons posé nos bagages. Il ne nous restait plus qu’à attendre que le coucher du soleil transforme cette terre ocre en un paysage écarlate.
Notre séjour à James Price Point fut rythmé par des danses effrénées, une peau blanche virant peu à peu au rouge vermeil, des jeux de cartes autour de notre minuscule table de camping et des crêpes party en fin d’après-midi.




Plus je dévore les kilomètres que l’Australie a à offrir, plus je suis ébahie par la beauté de ce monde. Riche, merveilleux, surprenant, mirifique. La liste des adjectifs ne cesse de s’allonger au fur et à mesure que je vais à sa rencontre.
Le monde est bien trop vaste pour que je puisse le découvrir dans son entièreté, et j’ai enfin fait le deuil de cette utopie.
Alors, je suis simplement reconnaissante pour tous ces endroits qu’il m’a été donné d’explorer, pour tous ces animaux extraordinaires que j’ai eu la chance de croiser, et pour toutes ces rencontres fabuleuses qui ont apporté une touche de magie à cette aventure insolite.
See you next year, Australia!
