Pù Luông, le pays d’émeraude. Mais il n’a pas fait que verdoyer pour mes beaux yeux. Il a aussi nourri ma curiosité, m’inondant d’informations surprenantes et d’histoires que je m’apprête à partager dans cet article. Ready ?
Toc toc toc...
Qui est là ? Roulement de tambour pour l’arrivée tant attendue de la saison des pluies ! Grand soleil à 16 h, pluies torrentielles et orage fulgurant à 16 h 15. L’espoir d’une simple averse s’est évaporé aussi vite que les minutes passées à attendre sous un arbre. Heureusement que nous avions de supers tenues de pluie sommeillant depuis un mois dans le fond de nos sacs. It’s time to shine baby !
OH Homestay
Notre homestay était littéralement un petit coin de paradis. Suspendu au-dessus des rizières, chaque passage sur la terrasse nous arrachait un « woah ». La brume, coincée dans les montagnes lointaines, donnait à l’horizon une aura presque mystique. Les grillons chantaient plus fort que le moteur des scooters. Le psithurisme du riz apaisait autant l’esprit que le cœur. L’écrin de verdure nous appelait à lâcher prise. What a place to be…
Làng Báng
Attention âme sensible s’abstenir de cette vérité indécente que je m’apprête à dévoiler au grand jour : le riz n’est pas une plante aquatique. C’est assez fou quand on voit que les rizières sont gorgées d’eau, que les Vietnamiens construisent des systèmes d’irrigation et que la saison des pluies est la période de l’année la plus propice aux cultures. Alors j’ai enfilé mon chapeau de détective pour comprendre cette incohérence.
En réalité, le riz est considéré comme une plante semi-aquatique : il supporte la submersion, mais n’en a pas réellement besoin. Sous l’eau, il passe en mode survie et ralentit son métabolisme.
Alors, pourquoi inonder les rizières ? Pour trois raisons principales :
- L’eau agit comme un herbicide et un pesticide. La plupart des mauvaises herbes et des parasites ne survivent pas sans oxygène, tandis que le riz, lui, possède des tissus spéciaux appelés aérenchymes, capables d’acheminer l’air jusqu’aux racines. Résultat : moins de travail et de meilleures récoltes.
- L’eau permet de réguler la température autour du plant, la protégeant autant chaleurs extrêmes que du froid mordant. Elle aide aussi à refroidir les sols pendant les périodes les plus chaudes.
- La couche d’eau (environ 15 cm) aide à la décomposition de la matière organique, libérant des nutriments essentiels pour la croissance du riz. Les bactéries anaérobies se développant dans ce milieu produisent de l’ammonium, un azote dont le riz raffole.
En résumé, l’eau est utilisée comme un outil pour faciliter le travail de l’Homme (moi qui les plaignais de tout ce travail d’irrigation). Pas de désherbage, pas de traitement chimique (ou peu), pas d’engrais, pas d’arrosage. Le gain de temps n’est pas négligeable !
Hieu falls
Forts de cette découverte, nous avons voulu nous glisser dans la peau (devrais-je dire la feuille ?) d’un plant de riz en allant nous « inonder » sous une jolie cascade. Eh bien, Monsieur Riz a bien raison : quel bonheur de tremper les pieds dans l’eau sous une telle chaleur !
Les roues à eau
Dans la région de Pù Luông, les rizières se trouvent souvent plus haut que les rivières. Les Thaï ont donc développé un système d’irrigation ingénieux : la roue à eau.
Fabriquée à 100 % en bambou, elle fonctionne grâce à la force du courant. L’eau s’engouffre dans des tubes qui la transportent vers le haut, avant d’être déversée dans des canaux qui la conduisent jusqu’aux rizières. Pas de moteur, pas d’électricité, pas d’effort humain. Le tout est naturel et entièrement biodégradable.
Croyez-le ou non, ces roues résistent environ 4 ans. Lorsque l’une d’entre elles rend l’âme, les habitants se rendent en forêt pour sélectionner avec soin un bambou qui résistera à l’eau.
Puis, 3 artisans qualifiés travaillent en continu pendant une dizaine de jours pour réaliser la structure, assembler chaque rayon et installer le système de canalisation. Toutes les pièces sont assemblées manuellement avec des cordes en rotin. Ils n’utilisent ni clou ni machine moderne.
Làng Tôm
Nous avons terminé ce séjour à Pù Luông par une énième balade dans ce paysage bucolique. Je me demande si les habitants de ce petit village perché au-dessus de si belles rizières sont devenus blasés par ce décor idyllique. Probablement. L’être humain se laisse sans doute trop facilement dorloter par l’habitude… au point d’en oublier les merveilles qui l’entourent.

Super intéressant et instructif !! Le riz n’est pas une plante aquatique !!! Dingue. Les paysages sont incroyables, tout ce vert !!
Les vietnamiens se lassent-ils de ces paysages comme Lucine s’est lassé de la magnifique campagne de Saint Privé ??!!!
Ah ben c’est un peu Pù Luông de passer par là 🤣🤣.
Là, on en aura appris sur la culture du riz, merci 😉
Sacrées roues d’irrigation. Ils sont malins ces vietnamiens !