Dès le moment où j’ai set a foot in Vietnam, je savais ce que je recherchais : l’authenticité. Les pays d’Asie du Sud-est sont une partie du monde encore kind of épargné par l’américanisation et l’occidentalisation. Malgré les tentatives de colonialisme, ils ont réussi à conserver leur identité. Je ne souhaite alors pas visiter le Vietnam en restant dans les sentiers battus pour les touristes, cherchant sans cesse un bout de mon pays dans celui des Vietnamiens. Je veux m’imprégner, découvrir, explorer des terres qui me sont totalement inconnues. Malgré tout, ce n’est pas si facile que ça.
Mũi Né
Lorsque je voyage, je me sers énormément de google maps pour repérer les endroits à visiter. C’est ainsi que j’ai créé tous les road trips en Australie. Je me balade sur la map en mettant des étoiles sur les points à ne pas manquer. J’ai entrepris de faire la même chose en arrivant au Vietnam. C’est ainsi qu’après 6 jours à Ho Chi Min, je suis arrivée à Mui Ne. Souvent comparé au Sahara pour ces famous dunes, c’est aussi un spot connu pour le surf ou le kitesurf. Je m’y suis rendu avec surement trop d’attente, voulant allié retour à l’océan et découverte d’un bel endroit. Je me suis retrouvée au fin fond d’une station balnéaire qui s’apparentait franchement à celles que l’on peut retrouver dans le sud de la France. L’hostel était plutôt plaisant grâce à sa belle piscine et son débouché sur la mer, mais rien ne semblait réellement authentique.
À peine installée dans le dortoir, je rencontre une Belge (côté flamand). Elle me dit avoir réservé un tour dans les dunes de sable le lendemain matin avec ses deux copines et me propose de me joindre à elles. J’accepte avec joie, sachant que c’était the thing to do en venant ici. Spoiler alerte : plus jamais je ne ferais de tour organisé. Ce n’est ni le lever de soleil gâché par la présence des nuages. Ce n’est pas le supplément inattendu de 300 000 dôngs pour un tour de quad de deux minutes. Ce n’est même pas la déception quant à la réalisation que les dunes n’étaient qu’un bel attrape touriste. C’est prendre conscience à quel point le tourisme de masse vide les endroits de leur essence. Leur âme s’évapore pour mieux satisfaire la volonté des vacanciers occidentaux.







Seul le petit village de pêcheur où l’on s’est arrêté à peine une dizaine de minutes ne semblait pas avoir été dénaturé. Accroupis sur le sable, les Vietnamiens triaient le poisson péché durant la nuit. La pêche nocturne est très courante ici. Certains petits poissons ou même les calamars remontent à la surface de l’eau lorsque le ciel s’habille de noir. Dès les premières lueurs du soleil, les pêcheurs reviennent sur la plage à bord de leur thuyền thúng, ces bateaux-paniers traditionnels. Un mythe raconte qu’à l’époque coloniale, cette forme de barque aurait été utilisée pour éviter une taxe française sur les bateaux : comme ce n’était pas « techniquement » un bateau… pas de taxe !
La suite de mon séjour à Mui Ne fut parsemée de belles rencontres, de phở au poisson et de recherche intensive quant à une destination réellement authentique. Je jeta alors mon dévolu sur…
Dalat
Après avoir analysé quelques photos Google (note à moi-même : ne jamais s’y fier) et des vidéos TikTok (seconde note à moi-même : ne vraiment jamais s’y fier), j’achetai un ticket de bus pour Dalat. Bien que la nuit d’hostel était à un euro, ce qui n’est clairement pas négligeable, la déception n’était apparement pas décidée à me foutre la paix.
Internet m’avait promis monts et merveilles, montagnes et forêts, nature et sérénité. Il n’est pas étonnant que je ne puisse afficher autre qu’un air hébété en me retrouvant au cœur d’une immense ville dynamique et bruyante. Ma quête de quiétude se prit comme un couteau dans le dos. J’ai immédiatement loué un scooter à l’hostel dans l’idée de fuir cette atmosphère étouffante. Enfin, le premier challenge fut d’en sortir…
New rule : no rule
Ici, le Code de la route, c’est qu’il n’y a pas de code. En étant piéton, c’est assez simple : je marche en regardant droit devant moi et je laisse aux véhicules motorisés la responsabilité de me contourner. Sur un scooter, en revanche, c’est une tout autre histoire. Piétons, voitures, camions, rond-points, motos. Les informations fusent dans tous les sens.
Effrayée pendant les premiers kilomètres, j’ai pourtant fini par trouver qu’il était étrangement plus agréable de conduire sans règle. Chacun œuvre pour sa propre sécurité tout en veillant à celle des autres. Tout est une question de respect et d’évidence quant aux priorités. Ça klaxonne dans tous les sens, mais j’ai vite compris que c’étaient des « attention à toi, je suis là » plutôt que des « bouge ta caisse, connard » comme on le signifierait en France.
Après avoir surmonté ce petit self-challenge, je pensais naïvement pouvoir m’extirper du brouhaha citadin, mais les Vietnamiens ne semblent pas avoir épargné le moindre kilomètre carré de nature…
Linh An Pagoda
Ma petite escapade débuta au pied d’un temple qui, je dois dire, était assez majestueux. Comment ne pas être impressionnée face à une statue de 71 mètres de haut de Dame Bouddha ? Elle est considérée aujourd’hui comme l’une des plus grandes construite à l’effigie de Quan Âm.
J’ai déambulé entre les centaines de statues de Bouddha, observant les Vietnamiens se recueillir à leur pied. J’ai toujours pris beaucoup de pincettes avec les religions, mais le bouddhisme s’apparente plus à une philosophie de vie, ce qui la rend tout de suite plus accessible. Les statues ne sont alors pas des dieux, mais des symboles de qualités humaines (sagesse, compassion, paix…).
Tuyen Lam Lake
Après avoir remonté la route sinueuse que je venais de dévaler, j’atterris right in front of another temple : Thiền Viện Trúc lâm Đà Lạt. Celui-ci avait fait couler ses fondations juste à côté d’un grand lac. Malgré le bruit nasillard de mon petit scooter, j’ai enfin rencontré le silence à ses côtés. J’ai longuement caressé les courbes de la route serpentant le long des rives du lac. Une brume diaphane s’échappait de la forêt, enveloppant le paysage d’une atmosphère mystique. J’avais passé ma journée à chasser le calme et le voilà qui se présentait à moi, baigné par les derniers rayons de soleil. Mieux vaut tard que jamais, parait-il.
Lang Biang
Le deuxième jour promettait plus de montagnes, de nature, et de beaux paysages. Back on my scooter, je me suis dirigée vers une forêt de pins mentionnée comme immanquable dans les avis google.
Ma première déception fut de voir les bus de touristes arriver à la chaine. La seconde fut lorsqu’on m’a demandé de payer pour aller marcher dans la forêt. La troisième fut de ne pas avoir trouvé le chemin forestier. Cet endroit, englouti par le tourisme, n’était d’aucune aide quant aux voyageurs voulant vivre leur expérience de leur côté. Aucun panneau, aucune indication. Ma seule option pour accéder à cette forêt était de sauter dans un 4×4 organisé par les mêmes personnes qui m’ont fait payer l’entrée du chemin.
Je suis repartie bredouille and déçue de ne pas arriver à sortir de ce genre de business qui n’était définitivement pas fait pour moi. Je savais qu’il y avait plus. Plus renversant, plus vrai, plus sauvage. Et l’idée de ne pas avoir les clés pour distinguer l’authentique du touristique m’éreintait.

A la recherche de l’authentique, c’est une très belle quête !
En tous cas en te lisant, je sens ton authentique à toi , bravo !
Ah ben je ne savais pas qu’il y avait des « Dames bouddha » !
Les temples, ca c’est authentique… et c’est beau !
Bonne balade 😉