Ben Tre

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Ben Tre: cette petite ville dont aucun backpacker n’avait entendu parler avant qu’il sorte de ma bouche. Inconnu de tous, perdu au cœur du delta du Mékong, aussi appelé le paradis des cocotiers: yep, that’s definitively for me !

Call me E.T.

Le bus donnait déjà la couleur de la suite de mon aventure. C’était tout le contraire des sleepers bus luxueux que j’avais emprunté les 10 derniers jours. Je me suis retrouvée entourée de dizaines de Vietnamiens et de leur coq encartonné, dans un bus dont les portes latérales ne fermaient pas. That’s the Vietnam I was looking for !

Après 2 heures de route, le bus me déposa devant un petit chemin goudronné auquel seuls les motos et les piétons avaient accès. Dès lors où je pénétrai à l’intérieur, un silence surprenant pris place. Les maisons épongeaient le bruit de la ville autour. Je pus enfin me délecter des piaillements des oiseaux, du doux son du vent dans les arbres ou même celui du petit ruisseau qui courrait sous mes pieds.

Après une centaine de mètres parcouru, transpirant jusqu’à l’os, une moto passa à côté de moi. J’ai brutalement relevé la tête lorsqu’un « hello » des plus joyeux retentit dans mes tympans. Un petit garçon, sourire jusqu’aux oreilles me faisait signe de la main. Mon bras s’étendit vers le ciel et s’agita dans tous les sens en guise de réponse. Plus je m’engouffrais dans l’allée, plus je sentais des regards étranges se poser sur moi. Les gens m’observaient comme si j’étais un extraterrestre. J’étais définitivement arrivée au paradis.

Mékong homestay

En arrivant à l’homestay, un homme et sa mère m’accueillirent chaleureusement. Je n’avais pas fait attention en réservant, mais mon cœur fut joie lorsque l’on m’offrit une chambre pour moi seule. 8€ la nuit pour avoir mon propre espace, c’est du grand luxe ! Ajoutez à cela un plateau petit déjeuner qu’on m’apportait chaque matin composé du fruit du jour (fruits du dragon, banane, fruit de la passion), d’œufs au plat, de concombres, de tomates, de pain et de thé, j’avais comme le sentiment d’être à la maison.

Niché entre cocotiers et bananiers, ce petit homestay était l’endroit le plus agréable qu’il soit.  J’avais enfin trouvé mon havre de paix. 

Between the coconut trees

Malgré la chaleur accablante et une fatigue remarquablement tenace, j’ai enfourché un vélo que prêtait l’homestay et entrepris une balade sans but. Pendant des heures, j’ai déambulé dans les petits chemins surplombés de cocotiers. Parfois, je passais au-dessus d’un petit pont et j’observais les barques glissées à la surface de l’eau. Parfois j’empruntais une petite route qui menait en réalité à une maison et je m’excusais platement devant les habitants qui riaient joyeusement de ma présence inattendue. Parfois, je tombais sur un café reculé de toute population et je m’arrêtais pour me délecter de la quiétude qui régnait en maitre. 

J’avais l’impression d’avoir atterri dans un tout autre monde. Je m’imprégnais de chaque bouffée d’air, de chaque feuille de cocotiers caressant ma peau, de chaque sourire d’enfants me saluant gaiment. 

C’était comme si j’avais enfin réussi à pénétrer dans le cœur du Vietnam.

ben tre
ben tre
ben tre
ben tre

Le Mékong en bateau

L’homestay offrait une excursion en bateau sur le delta du Mékong. L’idée m’avait conquise, mais le concept de faire une excursion en groupe au prix aberrant de 600 000 dongs m’a vite fait déchanté. Encore une fois, je savais qu’il y avait mieux et moins cher et j’étais bien décidée à le laisser venir à moi au lieu de me jeter dans la gueule du premier loup venu. 

Ce n’est que l’avant-veille de mon départ que j’ai fait la connaissance d’un allemand à l’homestay. Il avait passé les deux derniers jours en compagnie d’une Vietnamienne rencontrée dans un restaurant. Je lui ai fait part de mon craving à faire du bateau sur le Mékong, mais out of a tour. 

Le lendemain même, il m’invitait à le joindre pour une excursion privée organisée par sa copine vietnamienne. 100 000 par bateau, petite barque appartenant à des locaux, à la golden hour. I mean ? Je n’aurais sans doute pas pu rêver mieux. Une Italienne et son mari polonais nous ont accompagnés, ce qui a fait d’eux les muses parfaites pour de belles photos.

ben tre en bateau
ben tre en bateau
ben tre en bateau
ben tre en bateau

Muoi, number 10

Nous avons donc passé une heure et demie à naviguer sur les bras du Mékong. notre « guide », Muoi number 10 (parce qu’il est le dixième d’une famille de 11 enfants, lol)) nous a  beaucoup touché par sa gentillesse et son humour. Il nous a offert la culture vietnamienne servie sur un plateau d’argent avec des anecdotes, des histoires et des chants. 

Il nous a appris que le karaoké qui résonnait dans la ville chaque soir était en réalité une tradition vietnamienne très ancrée. Il nous a chanté une chanson vietnamienne inscrite au patrimoine de l’UNESCO et considérée comme un hymne à l’humanité. Il nous a cueilli des noix de coco de l’arbre et a fait d’un roseau une petite cuillère pour qu’on puisse les dégustées après les avoir bus. Il nous a réchauffé le cœur en affirmant qu’ils n’avaient jamais eu des gens aussi heureux sur son bateau. Il est vrai que nous ne pouvions arrêter de sourire. Au delà de son l’humour, Muoi nous faisait cadeau d’une expérience magique qui méritait tous les sourires du monde. 

Les lueurs du crépuscule apportaient une touche féerique à cet instant suspendu hors du temps. Nous étions seuls face à la majestueuse immensité du Mékong. C’était merveilleux.

ben tre en bateau

Out of my confort zone

Ces 4 jours passés sur le delta du Mékong ont été des plus ressourçant. Je dois bien avouer m’être sentie dans un inconfort étonnant en arrivant. Lorsque j’ai visité Mui Ne ou Dalat, j’étais, dans les faits, en immersion totale dans la culture du Vietnam, mais les autres voyageurs me raccrochaient à quelque chose que je connaissais. La plupart venaient d’Europe et parlaient anglais ce qui rendait les choses faciles. 

À Ben Tre, je me suis retrouvé entouré de Vietnamiens ne parlant pas un mot d’anglais et d’un monde qui m’était encore bien inconnu. L’authenticité d’un endroit si différent de ce que je connais m’a projeté right out of my confort zone. Et c’est exactement ce que je recherchais. 

Phu Quoc

L’étape suivante de mon périple s’est avérée bien moins authentique. Je ne pense pas avoir déjà vu plus touristique que Phu Quoc Island. Mais mon cœur était remplie d’une sérénité et d’un bonheur tel que la superficialité de l’île me passa presque au-dessus. Je dis presque parce que je ne peux pas nier les injures qui sont sorties de ma bouche en voyant les belles maisons colorées construites pour que les touristes fassent de belles photos instagrammables ou les plages bondées où les éboueurs doivent passer toutes les 30 minutes pour ramasser les algues et les déchets échoués sur la plage pour qu’elle reste impeccable. 

Cet endroit n’est pas touristique, c’est bien pire. Il a été littéralement pensé pour les touristes. Parc d’attraction version Disney, safari, petite Venise, resort de luxe. Mon cœur se serait sûrement arrêté si Ben Tre ne l’avait pas apaisé. Well, it’s not the first time and it probably won’t be the last…

phu quoc
phu quoc
phu quoc
phu quoc
  • Commentaires de la publication :1 commentaire

Cette publication a un commentaire

  1. Maman

    Waouuu j’ai voyagé au cœur de la palmeraie avec toi sur ton vélo, avec toi sur le mékong et entendu le chant de ce vietnamien …
    Merci Lucine!!!

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