C’était la première fois que nous nous retrouvions hors de l’Australie. L’excitation était telle que des vagues d’adrénaline déferlaient dans mon corps à chaque tic-tac de l’horloge. L’attente était intenable. Devais-je lui courir dans les bras ? But what if je m’entravais avant d’arriver à lui ? Oui, mais je ne vais pas l’observer assise sur ma chaise le temps qu’il parcourt les 20 m qui nous séparent l’un de l’autre… Heureusement, au moment venu, le mental fuit.
Lorsque les portes coulissantes de l’aéroport se sont ouvertes pour le laisser sortir, mon cœur s’est emparé de la situation. J’ai couru à perdre haleine jusqu’à le sentir au plus près de moi. Loan, je ne te laisse plus jamais repartir.
Koh Ta Kiev
Nous ne nous étions pas encore quittés lorsque nous nous étions dit que nous voulions consacrer une semaine entière à nos retrouvailles. Un bel endroit, calme, loin de tout brouhaha (kind of ironic de venir chercher ça en Asie du Sud-Est but anyway). Loan a passé tout un dimanche à chercher l’endroit dont nous rêvions. Lorsqu’il m’a appelé pour m’annoncer qu’il l’avait enfin trouvé et qu’il en ferait une surprise, une impatiente dont je ne me connaissais pas a pris possession de moi. Il m’a fallu attendre deux longs mois avant que ma curiosité soit assouvie, mais dès mes premiers pas sur Koh Ta Kiev, j’ai compris que ce lieu valait bien ces quelques semaines de patience.
C’est à Kactus que Loan avait réservé un joli bungalow entre jungle verdoyante et plage paradisiaque. Pas de connexion internet, ni de voiture ou de moto. La sérénité fut seule à nous tenir compagnie.
Se revendiquant comme un sanctuaire de bien-être, Kactus propose à ses guests de nombreuses activités allant du yoga à la méditation, en passant par le kung-fu, le sauna ou la danse. J’aimerais pouvoir vous énumérer les dizaines d’activités enrichissantes auxquelles nous avons participé. Pourtant, c’est le silence de l’inaction qui vibrait le plus justement dans notre réalité du moment. Être ensemble. Se regarder dans le blanc des yeux. Parler pendant des heures de tout et de rien. Admirer les couchers de soleil. Prendre le temps de se redécouvrir.
Notre semaine à Kactus n’a rien eu de productif au sens conventionnel du terme, mais Dieu sait qu’on a produit de l’amour, du bonheur, et de la joie pour les décennies à venir.
Time jump
Je me permets une entorse à la chronologie en sautant une dizaine de jours que je n’ai pas manqué de rattraper dans cet article.
So, 10 jours et des dizaines d’aventures dans le sud d Cambodge plus tard, nous revoilà de retour à Koh Ta Kiev. J’ai une fâcheuse tendance à avoir l’impression de perdre mon temps quant il s’agit de revenir sur mes pas but I guess this comeback has a different purpose. That makes it okay, right ?
Après un séjour de reconnexion, c’est pour une semaine de célébration que nous revenons !
The alternative festival
Ce festival psytrance, prenant place pour la seconde fois sur la jolie petite île, avait attiré notre attention grâce à une affiche annonçant une interminable line-up de DJ. Nous ne sommes pas de grands amateurs de ce genre de musique, mais l’idée de faire la fête pendant une semaine sur une île paradisiaque nous faisait rêver. C’est ainsi que nous avons sign up pour être bénévoles à Kactus durant l’événement.
Ce fut une semaine intense for sure. Trouver un équilibre entre le travail, la fête et le sommeil n’était pas chose facile. Les réveils étaient durs, les shifts étaient longs. Loan était assigné au bar et s’amusait à préparer cafés et cocktails (il a même créé son propre café au lait de coco), tandis que j’étais à la restauration, à distribuer des barquettes de fried rice ou des parts de pizza (j’en ai sûrement mangé plus que j’en ai vendu).
Le reste de notre temps était consacré à jour au billard, danser à ne plus sentir notre corps, à regarder des spectacles de fire dancers et admirer Loan jouer de ses doigts sur les platines.
Tantra
En tant que volontaires, nous avions accès à toutes les activités proposées par l’hostel. C’est au tantra que nous nous sommes essayés entre deux pas de danse. C’est une pratique spirituelle hindoue visant l’expansion de la conscience et l’éveil par l’harmonisation du corps et de l’esprit. Nous ne savions pas dans quoi nous nous étions embarqués, mais nous n’avions pas été déçus du voyage.
Nous avons vécu cette expérience entourée de cinq personnes : l’un et l’autre, que nous connaissions parfaitement ; deux volontaires que nous connaissions de loin (l’une était maître de l’activité) ; ainsi qu’un couple que nous n’avions encore jamais croisé.
Anetta, la tantra master, nous a expliqué que les exercices qu’elle allait nous proposer avaient pour but de rencontrer l’autre autrement que par la parole. Ainsi, pendant une heure, pas un seul mot n’est sorti de notre bouche. Nous nous sommes regardés dans les yeux. Nous avons exprimé notre reconnaissance, notre gêne, notre amusement à travers des gestes et des regards. Nous avons appris à oser protéger notre espace lorsque l’autre s’y invitait trop brusquement. Nous avons laissé nos mains et nos corps découvrir ceux de l’autre en gardant nos paupières closes.
L’expérience était à la fois déstabilisante et réconfortante. Il n’est pas naturel de plonger son regard dans celui de quelqu’un que l’on connaît à peine, sans avoir la possibilité de se distraire par une ou deux paroles. Il l’est encore moins de laisser ses mains parcourir son corps, malgré l’intimité profonde de ce geste. Mais qu’il est agréable de ne pas avoir à chercher à combler un silence pesant, et de simplement pouvoir vivre l’expérience telle qu’elle se présente.

Ces retrouvailles étaient tellement attendues !! Et vous les avez vécues pleinement.
C’est génial !