Slow is smooth, smooth is fast…

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Voilà bientôt deux mois que j’ai fait mes premiers pas dans les mines. Cet univers si mystérieux. Je ne savais pas même en quoi le job consistait, mais peu m’importait, j’avais pénétré l’impénétrable. Et après plusieurs semaines, j’en suis toujours aussi ravie. Je vous raconte ?

Vocabulaire à savoir avant de lire cet article

  • Warehouse: entrepôt
  • Goods Issue: envoie des commandes
  • Goods Receipt: réception des marchandises
  • Forklift: chariot élévateur
  • Yard: partie extérieure de mon lieu de travail
  • 11 level HV: niveau 11 sous terre, partie poids lourds
  • 11 level LV: niveau 11 sous terre, partie véhicule légers
  • 9L: niveau 9 sous terre (le plus profond)
  • SAP: le logiciel que j’utilise pour travailler 

First steps

Le 30 octobre, après une longue journée de formation, je découvris mon lieu de travail et rencontra mes collègues. Mon boss me fit une visite rapide de l’entrepôt et de l’extérieur avant de m’expliquer dans les grandes lignes du poste que j’allais occuper. Je suis rentrée à la maison le soir sans vraiment savoir à quoi aller ressembler ma journée du lendemain, mais qu’est-ce que j’avais hâte ! 

Ayant été déçue à plusieurs reprises par un job paraissant incroyable, je tentais tout de même de retenir mon enthousiasme en me disant « on verra bien ce que ça donne ». La vérité est que l’excitation était déjà bien au-delà de son comble. Mais spoiler, pour une fois, je n’ai pas été déçue.

About my job

J’imagine que chaque warehouse et chaque mine a sa propre façon de procéder, mais ici, l’équipe est divisée en deux :

Goods Issue

GI (Goods Issue). Cette team s’occupe d’envoyer les commandes aux différents départements de la mine. Tous les matins, on imprime les commandes que l’on a reçues à partir du logiciel SAP, on les pick dans la warehouse si ce sont des petites choses comme des filtres à air, des visses, des bottes de pluie… ou dans le yard à l’aide du forklift quand il s’agit de pneu, de cuves d’huile ou de ciment, par exemple. 

On classe ensuite ces commandes en fonction de quel département les a demandé : 9 level, 11 HV (heavy vehicules), 11 LV (light vehicules), surface maintenance, underground electrical, etc. Plusieurs fois par semaine, un camion vient chercher les commandes pour les emmener sous terre. 

Cette team doit aussi s’occuper des clients. La plupart des départements de surface viennent récupérer leur commande en main propre avec une fiche de réservation. Comme l’accès à la warehouse est rétreint à ses travailleurs pour cause de vol, nous devons les accompagner à chacun de leurs pas jusqu’à ce qu’ils aient ce qu’ils cherchent.

GI mine

commande d’un support de compresseur Toyota pour 11 level LV

GI mine

cages de commandes pour les différents départements 

mine GI

moi qui pick une commande dans le yard

Goods Receipt

GR (Goods Receipt). Le travail de cette épique est de recevoir ce que l’entrepôt lui-même a commandé pour réapprovisionner ses stocks. Il peut avoir aussi des commandes directement émises par les départements lorsque ce ne sont pas des choses que l’on stocke dans la warehouse. 

Cette team est alors chargé de charger et décharger les camions venant de sous terre, de Cobar, de Dubbo ou même de Sydney. Tout est reçu et rentré sur SAP afin de mettre à jour les stocks de la warehouse. Chaque matériel a ensuite son numéro propre et sa localisation dans la warehouse ou dans le yard et bien heureusement d’ailleurs parce que je peux comprendre 1 485 498, MWR1-3B5 (= Main Warehouse, Rack 1, partie 3, ligne B, 5e bac) mais I wouldn’t have a clue si on me dit Compressor Braket Kit. Sorry, I speak SAP, not English, LOL. 

on my way pour unload a truck

GR mine

c’est Noël tous les jours à la warehouse !

GR mine

ready à recevoir mes colis sur SAP

Je navigue entre les deux teams, mais je suis tout de même plus souvent en GI, ce qui me convient parfaitement. J’aime accueillir les clients qui viennent sonner à la porte, partir en balade avec mon forklift dans le yard et avoir le pouvoir de réajuster les stocks sur SAP quand ils ne concordent pas avec la réalité. 

L'as du forklift

Je n’étais honnêtement pas hyper à l’aise à l’idée de conduire un forklift les premiers jours de travail. Tout est contraire à une voiture et on m’a tant répété à quel point c’était dangereux que j’étais effrayée d’être à l’origine d’un accident et de finir mon PVT en prison. 

Au final, j’ai été surprise de ma capacité à m’adapter à ce petit véhicule étrange et fun. Tout est vite devenu un automatisme à tel point que quand je reprends la voiture le soir, c’est elle que je ne sais plus conduire ! Désormais, je saute sur l’occasion dès qu’on me dit qu’il y a un camion à décharger ou une commande à aller chercher dans le yard. Je suis votre homme, boss !

Vous voulez le secret pour devenir le forklift operateur de vos rêves ? Il se résume en une phrase : smooth is slow, slow is fast (la douceur est lente, la lenteur est rapide). C’est la devise des mines et elle me sert même dans la vie de tous les jours. Mieux vaut prendre son temps et bien faire les choses que vouloir être rapide, mais faire les choses à l’arrache. 

dans mon forklift
dans mon forklift

Le bendi forklift

Il y a quelques jours de ça, j’ai acquis une nouvelle compétence : conduire un bendi forklift. Bien qu’il suffit d’un ticket de foklift normal pour pouvoir l’utiliser, la mine demande à ce qu’on ait 10 heures de pratique dessus avant de passer un examen de compétence. Brad, mon collègue, m’a alors fait conduire une première fois dessus avant de me dire « tu es prête, je vais appeler l’examinateur ». Euh… QUOI ?

Panique à bord. Ce terrible forklift est articulé à l’avant et ce n’est donc pas l’arrière qui bouge comme c’est le cas sur un forklift normal. Il est alors très pratique à utiliser en intérieur, car son corps reste parallèle au rack tandis que les fourches tournent jusqu’à 90 degrés pour pick up les palettes. 

J’ai donc passé l’examen après seulement 20 min de pratique, mais j’ai réussi ! J’ai appliqué le smooth is slow, slow is fast et tout s’est bien passé. Une compétence en plus and I love it !

bendi forklift
forklift in use sign

Bilan

Bilan de ces deux mois : j’adore ce job ! Je pensais honnêtement que 12 heures par jour 7 jours d’affilée allaient être infernales, mais time flies soooo fast que je ne vois même pas mes semaines de travail passer. 

Je dois bien avouer que le début n’a pas été un long fleuve tranquille entre assimiler le vocabulaire des mines, comprendre ce que l’on attendait de moi, apprendre chaque facette de ce job aux mille tâches, m’adapter aux protocoles des mines (constamment chercher les potentiels dangers, remplir des formalités à chaque nouvelle tâche pour se protéger en cas d’incident…) et j’en passe. 

D’autant plus que depuis la première semaine où je suis arrivée, les protocoles et façons de travailler ont constamment changé à cause de l’indécision des managers. Mais honnêtement, ça me convient plutôt pas mal. Aucune semaine ne s’est ressemblée et chaque jour oblige une nouvelle adaptation. Au moins, je ne m’ennuie pas !

warehouse mines

gros ménage de printemps

warehouse mines

stock take time (un enfer) 

warehouse mines

la super warehouse

mines

les mines vue du ciel (c’est mon fond d’écran d’ordinateur, LOL)

bureau

l’office 

warehouse mines

sourire qui pleure parce que je dois ranger tout le bordel derrière…

Et n’oubliez pas, smooth is slow, slow is fast !

  • Commentaires de la publication :1 commentaire

Cette publication a un commentaire

  1. Maman

    Tu es trop drôle ma fille !!! Trop bien d’en savoir plus sur ton job ! Bravo pour tout ce que tu apprends et développe.
    On a lu cet article tous les 4 avec le sourire en même temps !
    Maman

    SAP , je connais bien c’est Super Aventurière Proudhon !!
    Papa

    Trop cool tu nous invites quand chez toi au fin fond de la terre ? ( qui l’eut cru que tu nous donnerais envie d’aller travailler en mines quoi ?)
    Philippine

    Lison dit « vous avez déjà tout dit » lol !

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