Jour 6 : À l’aube, nous nous sommes échappés en douce de Patonga. Il est vrai que nous avions choisi un palace la nuit dernière : vue sur mer, à plat, sous les arbres. Une grande classe. Mais l’amende pour camping sauvage est bien trop élevée pour qu’on s’octroie une réelle grâce mat. That’s the game.

Woy Woy
La rencontre
Woy woy waterfall pool n’était prévu qu’en cas de temps à perdre. Au final, nous nous sommes retrouvés sur la route de la randonnée. Bon, pourquoi pas.
Après quelques kilomètres à chantonner gaiement dans la forêt de gumtree, le GPS nous indiqua que nous étions arrivés à notre destination. Perplexe, on jette un coup d’œil par-dessus la falaise. Ah ben oui, elle était bien là, la pool, mais 20 mètres sous nos pieds. Nous avons fait demi-tour avant de donner une chance à chaque chemin du carrefour. Mais aucun ne s’est décidé à nous ouvrir une porte d’entrée décente vers la piscine.
Nous commencions à remonter la pente lorsque deux personnes croisèrent notre chemin. « Hello » articula Loan dans son plus bel anglais. « Do you know the way to the pool ? ». « Oui, nous habitons ici », répondit l’homme. « Oh, thank you. We couldn’t find it ». Je regarde Loan d’un air amusé. « Oui, elle n’est pas facile à trouver, mais c’est ce qui en fait la beauté », continua l’homme. Puis Loan reprit : « Yes, true. Where are you from ? ». J’ai éclaté de rire en lui faisant remarquer que son interlocuteur lui répondait en français depuis le début. Voilà une bonne façon de désamorcer la gêne d’une rencontre !
Waterfall Pool
Éric et Alma, bel et bien français (et suisse) nous ont alors guidé jusqu’à la pool. Bien qu’artificielle, elle se fondait parfaitement dans le décor. À la queue leuleu, nous nous sommes enfoncés dans le coeur de la forêt. J’ouvrais le chemin en avalant toutes les toiles d’araignée afin que mes chers camarades profitent pleinement de leur balade…
Éric nous fit nous attarder sur un chant d’oiseau. Le mâle lançait un « oup » et la femelle lui répondait « oup oup ». Elle a du être ennuyée de la discussion parce que le temps qu’on retrouve la route principale, elle avait arrêté de s’égosiller pour son Don Juan.
De retour sur le parking, Alma nous proposa de finir l’après-midi autour d’une bière dans leur maison de campagne. Nous avons accepté avec plaisir, excité de cet inattendu.




La maison sur les rochers
Après que Loan ait laissé une trace de nous en frottant la boule d’attelage contre le goudron, car la route était a bit steep pour notre vieux, long et lourd troopy, nous avons emprunté les escaliers menant à une jolie maison. Elle a été bâtie sur un rocher. La preuve est telle que la roche est confudue avec les murs de la bâtisse. Ça fuit quand il pleut, mais ça fait son effet !
Nous avons bu une bière, comme promis, dans une grotte aménagée. Oui, oui, vous avez bien lu. Une fontaine à eau, un hamac, un parquet, un canapé + au beau milieu de la forêt. J’achète !
C’est alors qu’Alma nous expose une variété de fromage FRANÇAIS sur un plateau de bois. Avec ça, elle rajouta une panière de pain de campagne et une autre de raisin. La dernière fois que j’ai eu autant d’étoiles dans les yeux, c’est quand mes parents m’ont envoyé des rillettes de canards et des escargots tout droit de France. Que voulez-vous ! J’ai beau adorer l’Australie, leur gastronomie est déplorable. La politesse nous empêchait d’engloutir chacun de ces délices, mais nous nous en sommes délectés jusqu’à la dernière bouchée.


Après de longs remerciements, nous avons repris la route dans l’espoir d’atteindre les Blue Mountains avant la tombée de la nuit. Mais l’un des malheureux côtés de l’Australie est que, même l’été, le soleil se couche terriblement tôt. Alors nous avons passé la nuit dans une rue dérobée de Sydney.
Excellent cette rencontre inattendue et un Eric en plus ! Loan nous a beaucoup fait rire et toi en le racontant .
D’où venaient tous ces fromages français ?