Depuis que j’ai rencontré Loan, nous partageons un rêve (parmi tant d’autres) : acheter une moto. Au premier abord, l’idée était tournée sur l’Amérique latine, avec comme dessein un itinéraire allant de l’Argentine jusqu’au Canada. Nous avions la certitude que nous n’aurions pas l’opportunité de lui donner vie avant plusieurs années. Nous devions d’abord boucler notre aventure en Australie et, obviously, obtenir notre permis moto. But what if…
Did I hear "freedom" ?
Autant Loan que moi, lorsque nous avons une idée en tête, il nous est compliqué d’en démordre (pour ne pas dire impossible). Alors lorsqu’un de nous deux a évoqué le potentiel projet d’acheter une moto au Vietnam pour faire la boucle Vietnam / Cambodge / Laos, il était déjà trop tard pour faire marche arrière.
À nos oreilles, moto rime avec liberté. Et tout ce qui touche à la liberté, de près ou de loin, nous attire inexorablement. Plus d’horaires de bus, plus d’itinéraires allant de coin touristique en coin touristique, plus de location de scooter hors de prix. Seulement nous, face à l’immensité des paysages asiatiques, les cheveux au vent, le cœur rempli de reconnaissance pour les aventures vécues et celles à venir.
Et si ?
Bien évidemment, notre cher petit mental a tenté (tant bien que mal) de nous ramener à sa réalité remplie de peurs et de doutes. Ce n’est pas une si mauvaise chose dans les faits. Il est là pour nous faire prendre conscience des risques encourus, ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on se lance dans une telle odyssée.
Des questions dites « rationnelles » ont alors commencé à prendre le dessus sur l’excitation. Et si nous nous faisions confisquer la moto, cette dernière ne pouvant être mise à notre nom ? Et si nous n’arrivions pas à passer les frontières ? Et si nous nous faisions entuber à l’achat ? Et si nous avions un accident ? L’absence apparente de règles sur les routes asiatiques est effrayante après tout.
La vie nous a donné le feu vert quelques jours plus tard en mettant Matheo sur notre chemin. Il était le signe que nous attendions. Il avait acheté une jolie Honda Win vintage quelques semaines plus tôt à Ho Chi Minh.
« Je n’imaginerais pas mon aventure autrement », nous avait-il dit, des étoiles dans les yeux.
C’était décidé : nous allions donner vie à ce rêve.
Go with the flow
Nous avons dû faire preuve d’un bon mois de patience avant que notre visa au Cambodge arrive à expiration et que nous puissions enfin sauter dans le premier bus vers le Vietnam (les motos immatriculées au Vietnam ont plus de chances de passer les frontières des pays voisins). Chaque jour était une nouvelle opportunité pour éplucher les annonces Facebook et baver devant les motos que nous y trouvions.
Premiers tours de roue
Une fois à Ho Chi Minh, nous avons tout de même décidé de prendre un cours de moto. À peine arrivés, nous avons sauté sur le dos d’une Honda XR. Un professional rider nous a enseigné les bases d’une moto manuelle : embrayage, passer les vitesses, revenir au point neutre… Pendant une trentaine de minutes, nous nous sommes amusés à faire des allers-retours dans une rue vide, ce qui nous a permis, peu à peu, de prendre confiance en notre conduite.
Au coeur de la fourmilière
« Let’s go into the city now! ». Le regard affolé de Loan a croisé le mien alors que notre teacher sautait à l’arrière de sa moto. Allait-il vraiment nous emmener au cœur de l’immense fourmilière vietnamienne alors que nous conduisions depuis une demi-heure ? Et oui, il l’a fait…
Pendant plus de deux heures, nous avons slalomé entre les trucks, les scooters et les SUV. Ce qui paraît infaisable lorsqu’on est un simple piéton spectateur devient finalement plutôt naturel une fois plongé dans le bain.
Go with the flow est le mantra de la conduite au Vietnam. Il suffit de suivre les véhicules allant dans la même direction, klaxonner pour prévenir de notre présence, rester attentif à ce qu’il se passe autour, éviter tout geste brusque qui pourrait affoler les autres usagers de la route, et le tour est joué !
Nous n’étions tout de même pas peu fiers de ce petit exploit une fois revenus à la base.
Quand la vie dit "OUI"
Loan, obsédé par l’idée de trouver la moto parfaite (et on se rappelle à quel point il avait pu être pointilleux lorsque nous étions à la recherche d’Hélios), a passé sa nuit à passer en revue chaque annonce de Marketplace. Au beau milieu de la nuit, sans vraiment se rendre compte de l’enjeu de son action, il envoya un message à un concessionnaire. Le lendemain, Juan nous répondit avec des photos de quelques-unes de ses motos. Nous sommes alors allés jeter un coup d’œil, simplement pour se faire une idée de la taille et du style exact que nous recherchions.
Spoiler alert : nous avons acheté les deux premières motos que nous avons essayé.
Nous avions demandé un second signe de la vie afin de confirmer que nous ne nous engagions pas sur un terrain trop glissant, dont l’excitation du projet pourrait nous cacher les dangers. La facilité avec laquelle nous avions trouvé exactement ce qui nous correspondait en était définitivement un.
Nous avons tout de même tenté d’aller voir d’autres motos par souci de comparaison mais aussi pour ne pas se jeter sur les premières venues. But we were definitely madly in love de celles de Juan…
Nous avons procédé à tous les check-up nécessaires pour nous assurer que nous n’achetions pas un jouet qui nous casserait entre les mains 100 km plus tard, nous les avons conduites deux fois pour nous familiariser avec leur gabarit et leur embrayage, Loan a posé des centaines de questions comme à son habitude et nous avons établie une liste des choses à réparer pour partir en toute tranquillité.
Dream on
Deux jours plus tard, nous recevions un message de Juan nous informant que nos bébés étaient enfin parés pour l’aventure. Nous avons immédiatement sauté dans un taxi en direction de chez notre cher ami concessionnaire, armés de nos gros sacs à dos. Ces derniers ont fini strapés à l’arrière de nos motos. Une remise de 8 million de dôngs (260 euros), une bonne poignée de main et nous voilà partis pour l’aventure — la vraie. Et elle ne s’est pas fait prier pour se manifester dès les premières secondes de notre périple.
Une énorme tempête s’est abattue sur Ho Chi Minh, transformant les rues en véritables rivières, tandis que nous essayions tant bien que mal de sortir de cette immense ruche à taille humaine.
Trente minutes plus tard, enfin hors de la ville et trempés jusqu’à l’os, nous souriions à en avoir des courbatures aux pommettes.
We really did it… On a achété une moto !

Trop belles vos motos 😍.
Cheveux au vent, cheveux au vent…pas tant que ça avec le casque !
Soyez prudent, surtout après avoir pris la machine bien en main…pas d’excès de confiance 😉.
Ça devait être sympa la petite douche sur la moto 😂😂.
Bizbizbizzz
Génial ! Et l’aventure continue en étant au plus proche de votre rythme à vous !