Classé au patrimoine de l’UNESCO, Phong Nha s’inscrit comme la dernière étape de notre voyage au Vietnam. Sans doute attristé par notre départ après plus de 2 mois à sillonner ses terres, ce dernier semblait vouloir nous convaincre de prolonger notre séjour à coup de paysages somptueux et de routes tortueuses féériques.
Đồng Hới
Depuis notre tentative ratée au Cambodge, nous n’avions pas revu l’océan. Bien qu’il était longé par l’affreuse station balnéaire qu’est Đồng Hới, nous avons grandement apprécié sentir l’air marin se faufiler le long de nos corps. Nous avons emmené nos deux enfants adorés fraichement récupérés du train s’oxygéner aux embruns iodés avant de repartir dans le fin fond des terres pour un bon moment.
À la surface
400 millions d’années, pluie + CO2, karstification. Bref, je ne vais pas vous refaire la chanson du paysage qui façonne le Vietnam d’aujourd’hui and guess what, Phong Nha ne déroge pas à la règle. Cependant, au-delà des montagnes karstiques (qui resteront toujours impressionnantes à mes yeux), la nature s’est montrée un brin plus créative au Phong Nha National Park : elle creusa d’immenses grottes. But that will be tomorrow’s adventure…
Dans l’attente de partir en expédition dans les profondeurs de la terre, nous nous sommes longuement baladés sur la route longeant l’immense jungle de Phong Nha. Je ne cessais de me demander quelle vie étonnante elle pouvait bien abriter. Et comme à chaque fois, ce n’est qu’en faisant mes recherches pour écrire l’article que je réalise à côté de quoi je suis passée :
Langurs de Hà Tĩnh (primates en voie d’extinction), macaques, calaos (oiseaux à casque), civettes, ours noir d’Asie, ours malais, cobras, pangolins (mammifères très rares) et j’en passe. Plus de 800 espèces animales, toutes plus fascinantes les unes que les autres, vivent sous cette végétation luxuriante.
Me dire qu’un ours m’a peut-être observé faire l’imbécile sur ma moto me donne des papillons dans le ventre (bien que si c’est le cas, j’espère qu’il aurait eu la politesse de me dire bonjour).






Dans les souterrains
Je dois confesser mon amour pour le concept de karstification. Au fur et à mesure de mon voyage au Vietnam, je plonge un peu plus dans ce travail géologique que je ne peux qualifier que de majestueux. Phong Nha c’est 400 grottes recensées, environ 220 km de galeries et rivières souterraines et on ne cesse d’en découvrir chaque année.
Phong Nha cave
J’ai eu la chance de parcourir un petit kilomètre de cet univers pharaonique en pénétrant la Phong Nha cave. À bord d’un petit bateau, nous nous sommes laissés porter le le courant de la Son river. Cette dernière entamait tout juste un périple d’une vingtaine de kilomètres sous terre, comme si elle avait trouvé un raccourci en s’infiltrant sous les montagnes avant de réapparaître de l’autre côté du massif.
Entre stalagmites, stalactites, formations rocheuses surprenantes, je ne savais plus où porter mon attention. À la fois, je ressentais le besoin de fermer les yeux pour m’imprégner de ce silence singulier qui m’entourait, à la fois, je ne pouvais retenir mon regard de parcourir l’entièreté des façades abracadabrantes de ce tout nouveau monde.
J’ai toujours été plus attirée par le ciel que par les profondeurs de la terre ou de la mer, mais cette petite escapade a piqué ma curiosité. Anyway, je vais d’abord commencer par me trouver un job underground dans les mines australiennes et on verra plus tard pour ce qui est de la spéléologie !
Sơn Đoòng Cave
En 1991, Ho Khanh s’aventure dans la jungle en quête de bois. Il tombe alors sur une gigantesque ouverture dissimulée entre les arbres. À l’intérieur, il entend le grondement d’une rivière disparaissant sous la montagne. Effrayé, il rebroussa le chemin sans le mémoriser. Ce n’est qu’en 2009 qu’il parvient à retrouver la cavité et à guider une équipe britannique, révélant ainsi au monde ce qui est aujourd’hui reconnu comme la plus grande grotte connue sur Terre
9 km de galeries souterraines explorées, jusqu’à 200 m de haut et 150 m de large, d’immenses dolines laissant pénétrer la lumière du soleil, son propre écosystème, sa propre rivière, mais aussi son propre microclimat (il y a des nuages sous terre !!). Voilà ce que représente grossièrement Sơn Đoòng Cave.
Aujourd’hui, l’accès est extrêmement contrôlé : environ 1 000 visiteurs par an sont autorisés, exclusivement via l’opérateur Oxalis Adventure. Pour la modique somme de 3000 USD, ils envoient des petits groupes en expédition pour 5 jours et 4 nuits. C’est une réelle aventure où chaque visiteur n’est pas à l’abri de découvrir d’une nouvelle espèce animale encore inconnue aujourd’hui.
Un système vivant
Phong Nha restera à jamais un véritable terrain de jeu pour les explorateurs. L’eau ne cesse d’y creuser de nouvelles cavités, d’ouvrir de nouvelles grottes, de se frayer de nouveaux chemins à travers les roches calcaires, de façonner de nouvelles dolines. La découverte sera sans fin.
