Paksé

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Après une nuit peu reposante dans le lit-caillou d’un petit homestay trouvé après la frontière de La Lay, nous avons repris la route en direction de Paksé. Les quatre heures qui nous en séparaient furent un véritable supplice. La route fraîchement goudronnée (le sac de Loan en gardera une marque à vie) nous permit enfin d’avancer à un rythme soutenu, mais je sentais que Véruca commençait sérieusement à rendre les armes.

Une moto en fumier de poulet

À peine arrivés à Paksé, nous avons accouru chez le mécanicien, ou devrais-je dire chez le chirurgien. Véruca a été directement admise en soins intensifs. Au fur et à mesure qu’on lui ouvrait les entrailles, on me faisait signe que tout était à remplacer : soupapes, joint de culasse, piston, etc. Il ne restait plus grand-chose de son moteur d’origine, à part peut-être les vis.

Loan et moi sommes restés tout le long de l’opération, tels de bons parents inquiets pour leur enfant (et pour leur portefeuille…). Lorsque l’addition est tombée, j’ai été tellement (agréablement) surprise que j’ai presque failli lui demander de continuer sur sa lancée et de remplacer tout le reste. 59 euros (1 500 000 KIPS) pour un moteur comme neuf, tout de même !

Paksé
Paksé
Paksé

Cette première étape au Laos nous a aussi donné un avant-goût de ce qui nous attendait. En faisant parler le mécanicien dans la commande vocale de Google Traduction, voilà ce qui en est ressorti :
« À l’instar de ces 7 nouvelles voitures, nous ne devrions pas avoir peur des poulets par crainte que la voiture ait des problèmes. »
« Comme cette nouvelle voiture est faite de fumier de poulet, elle aura des problèmes pendant une semaine ou deux, donc on peut aller loin. »
Je ne sais toujours pas ce qu’il a voulu dire…

Tad Fane waterfall

Nous allions sûrement finir par jeter nos motos dans le Mékong si nous ne nous accordions pas une pause, alors nous nous sommes arrêtés quelques jours en ville où nous nous sommes permis de ne rien faire (enfin😮‍💨). Une fois parés à de nouvelles aventures sans risquer d’avoir l’envie subite de noyer nos bébés, nous sommes remontés en selle en direction de ce qu’on appelle la Pakse loop.

Il n’aura pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi cette boucle tient la réputation qu’on lui connait. Nous nous sommes retrouvés face à ces deux gigantesques cascades jumelles, se retrouvant pour une chute de 120 mètres de haut après avoir parcouru le plateau des Bolavens chacune de leur côté.

À l’horizon, l’orage grondait, les éclairs déchiraient le ciel noir et la pluie commençait doucement à habiter le paysage. Nous sommes longuement restés perchés au-dessus du vide, admirant la tempête progresser dans notre direction. Malgré tout, nous avions des sacs sans la moindre défense imperméable à secourir, alors nous n’avons pas pu attendre ce moment magique où l’on se retrouve plongé au cœur du tumulte.

Tad fane waterfall
Tad fane waterfall
Tad fane waterfall

Tad Yuang waterfall

Une fois l’orage parti arroser de nouvelles contrées, nous nous sommes dirigés en direction de Tad Yuang Waterfall. Le contraste de la roche noire avec le vert luxuriant de la végétation offrait au paysage une atmosphère bucolique. Nous avions l’impression d’avoir fait un voyage jusque dans la rainforest de Cairns, en Australie.

La saison des pluies a bien sûr ses côtés négatifs, avec ses violentes averses sortant de nulle part, mais on ne pourra jamais lui enlever la majesté qu’elle apporte à la nature. Comme si cette dernière reprenait vie après des mois à économiser son énergie sous un soleil brûlant. Qu’il est beau de voir les cascades couler à flots et les plantes retrouver cette teinte verdoyante qui leur sied si bien.

Tad Gneuang
Tad Gneuang
Tad Gneuang
Tad Gneuang

Slippery when wet

Voulant rejoindre un homestay excentré de la ville, nous avons fait l’expérience de notre premier off-road en pleine saison des pluies. Un panneau indiquait 3 km jusqu’au Give Garden Eco. Nous avons vu le bout du tunnel après 25 minutes…

Ironiquement, l’homestay était largement au-dessus de notre budget, alors après un petit café au bord du torrent qui le traversait, nous avons dû faire demi-tour. Heureusement, nous prenions un malin plaisir à sentir les roues de nos motos partir dans tous les sens. Après tout, à 2km/h, nous ne risquions pas grand-chose.

jour 1 paksé loop
jour 1 paksé loop
jour 1 paksé loop

Tad Lo waterfall

Arrivés à l’embouchure de Paksong (où nous avons passé la nuit suite à notre tentative raté à l’hometsay inabordable), deux boucles s’offraient à nous : la petite (194 km) ou la grande (295 km). Alors que nous étions initialement décidés à faire la grande, nous avons finalement choisi de faire demi-tour pour filer directement vers Tad Lo Waterfall, qui fut de ce fait la dernière étape de la Pakse loop.

Après 6 000 km à moto, nous n’avons plus vraiment envie de nous infliger des heures de ligne droite au milieu de plaines interminables simplement pour aller voir une énième cascade. Le Cambodge avait fait office de vaccin pour ça. Désormais, on préfère s’économiser au maximum et profiter des endroits qui méritent réellement les kilomètres de route parcourus.

Tad Lo waterfall
Tad Lo waterfall

La patinoire à moto

Nous n’avions pas prévu de boucler la boucle en retournant à Paksé. Étant donné que nous remontions peu à peu vers le nord, nous voulions continuer progressivement dans cette direction. Nous avions repéré un raccourci qui nous permettait de gagner 30 km, mais nous aurions dû nous douter que les 2h30 annoncées par le GPS pour seulement 43 km n’étaient pas de bon augure.

Nous nous sommes retrouvés face à un chemin de glaise/patinoire à moto, comme celui du Give Garden Eco, mais cette fois-ci, il y avait un peu plus de trois kilomètres à parcourir… Nos roues se sont rapidement gorgées de boue, ne laissant que peu de doute quant au résultat de cet itinéraire. Nous avons fini tous les deux les fesses dans la gadoue et avons rapidement fait demi-tour sans demander notre reste.

Ce n’est qu’une fois revenus sur la route ferme, en voulant utiliser mon frein avant, que j’ai remarqué qu’il s’était cassé pendant ma petite chute. Pour une fois que je suis responsable d’une panne de Véruca et que ce n’était pas un nouveau coup du sort envoyé par le bon Dieu !

Néanmoins, il va surement falloir oublier le off-road pendant la saison des pluies…

jour 2 paksé loop
jour 2 paksé loop
jour 2 paksé loop
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