Une fois les motos vendues à Luang Prabang, il était déjà temps de quitter le Laos. Si nous avions respecté notre itinéraire initial, nous aurions déjà dû être en Malaisie, prêts à embarquer pour le Sri Lanka afin de rejoindre la famille de Loan.
Mais à force de prolonger nos visas dans chaque pays traversé, notre planning s’était considérablement décalé. Nous nous retrouvions ainsi à 2 400 kilomètres de Kuala Lumpur, à seulement quinze jours de notre vol.
Plutôt que de tracer tout droit vers la capitale malaisienne, nous avons décidé de nous accorder une parenthèse au milieu de tous ces kilomètres. Mais avant cela, il y en avait encore pas mal à parcourir….
De Luang Prabang à Vang Vieng
Ce trajet, que nous avions parcouru en quatre jours à moto, a été avalé en moins d’une heure de train. Nous n’en revenions pas. Nous nous remémorions ces kilomètres de routes caillouteuses, criblées de nids-de-poule, où nous avions même dû faire demi-tour tant elles étaient devenues impraticables, tandis que le train filait à toute allure à travers les montagnes, (littéralement).
La ligne ferroviaire était en effet composée d’une succession de longs tunnels perforant les immenses falaises de calcaire. On comprend vite comment certains voyageurs parviennent à traverser des dizaines de pays en l’espace de six mois, quand nous n’en étions encore qu’à notre troisième. J’avais presque l’impression de tricher. Néanmoins, j’ai tout de même grandement apprécié le fait de me laisser porter.
De Vang Vieng à Vientiane
Is that even fair?
Nous devions impérativement repasser par Vang Vieng pour récupérer nos sacs à dos abandonnés sur place (à mon grand bonheur). Je ne cesse de me promettre que, pour notre prochain voyage en backpack, je me contenterai d’un sac de 50 litres maximum. Je trimballe bien trop de kilos de « au cas où » sur le dos.
Le lendemain matin, nous prenions un bus pour la capitale laotienne. Une fois encore, le trajet paraissait bien plus court que lorsque nous l’avions parcouru à moto. En l’espace de deux heures, nous étions déjà au terminal de bus de Vientiane, en train de héler un taxi pour rejoindre notre hôtel. Le secret ? ✨ L’autoroute ✨. Interdite aux deux-roues, nous n’avions même pas conscience de son existence. Is that even fair? Pendant que nous nous battions corps et âme dans les nuages de poussière soulevés par les camions, les automobilistes filaient sur une autoroute impeccablement asphaltée, sans même réaliser la chance qu’ils avaient.
2 years of love in Vientiane
Le même jour, nous fêtions nos deux ans d’amour. Pour l’occasion, nous nous sommes offert un repas aux accents bien français : hachis Parmentier, magret de canard, pain chaud et croustillant, puis une crème brûlée pour faire glisser le tout. Voilà comment rendre Loan et Lucine heureux !
Il faut bien l’avouer : malgré notre passion pour le voyage et notre soif de découverte, nous resterons à jamais de irréductibles amoureux de la cuisine française.
De Vientiane à Bangkok
Le lendemain soir, nous montions dans un train en direction de Bangkok. Faute de nous y être pris suffisamment à l’avance, il ne restait plus que des places assises en troisième classe. Satisfaits d’avoir économisé quelques euros au moment de la réservation, nous avons vite déchanté lorsque nous nous sommes retrouvés genou contre genou avec nos voisins de banquette. Finalement, Jack Dawson et ses camarades étaient bien mieux lotis dans l’entrepont du Titanic.
Une fois le pont de l’Amitié Laos–Thaïlande franchi et le tampon d’entrée en Thaïlande apposé dans nos passeports, s’ensuivit un interminable trajet de nuit de 14 heures. Mais quel goût aurait l’aventure dans un lit douillet ?
De Bangkok à Koh Phangan
À la suite d’une nuit éreintante et d’une journée entière à patienter dans la capitale thaïlandaise, nous montions enfin dans le bus qui nous emmènerait jusqu’à l’océan. Comme pour nous féliciter d’avoir survécu à ces dernières vingt-quatre heures, nous avons eu droit aux places des rois : tout devant, à l’étage. Les sièges étaient presque aussi confortables qu’un lit et Loan était ravi de pouvoir étendre ses jambes aussi loin qu’il le souhaitait. Nous avons dormi à poings fermés jusqu’à notre arrivée au ferry.
Deux heures de bateau plus tard, nous arrivions au paradis. Le soleil s’imposait déjà dans le ciel, rendant à l’océan le bleu turquoise que la nuit lui avait volé. Les gens se prélassaient dans les bars et les cafés, cocktail à la main, claquettes aux pieds, lunettes de soleil sur le bout du nez. Les palmiers se découpaient sur le ciel azur, donnant à l’île des airs de jardin d’Éden. Voilà le décor qui allait être le nôtre pendant les dix prochains jours.
