Ratanakiri

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Plus que dix jours avant la fin de notre deuxième mois au Cambodge. Ce pays témoin de nos retrouvailles et de nos premiers pas, encore hésitants, sur nos motos. Ce pays où j’aurai dépensé plus d’argent chez le mécanicien que dans l’hébergement. Ce pays où, à force de nous perdre dans la campagne, nous avons croisé plus de buffles que de backpackers.

Pour conclure cette (presque) boucle en beauté, c’est dans la province du Ratanakiri que nous avons tiré notre chapeau au “Pays des merveilles”.

Cambodge en un mois

Après 2 500km…

Un-cinq, deux-cinq

Durant cinq nuits, nous avons séjourné chez Nita, au Bee Bee’s Chalet. Chaque soir, nous avions droit à un incroyable family dinner, entourés de son mari et de leurs trois enfants, qui passaient leur temps à nous grimper dessus.

Nous avons ainsi pu goûter au Chha Trop Dott (aubergines grillées accompagnées de viande hachée) ou encore au Plear sach khtis (un plat à base d’ananas cuit avec des légumes et du porc). Un délice !

Chaque jour, nous en apprenions un peu plus sur le Cambodge grâce à eux. C’est ainsi que j’ai appris à compter en khmer. La construction des nombres est toute simple : il suffit de savoir compter jusqu’à cinq pour aller jusqu’à dix. Après cinq, la logique devient additive :

  • 0 : សូន្យ (soun)
  • 1 : មួយ (muoy)
  • 2 : ពីរ (pii / pir)
  • 3 : បី (bei / baï)
  • 4 : បួន (buon)
  • 5 : ប្រាំ (pram)
  • 6 : ប្រាំមួយ (pram muoy – 5+1)
  • 7 : ប្រាំពីរ (pram pii – 5+2)
  • 8 : ប្រាំបី (pram bei – 5+3)
  • 9 : ប្រាំបួន (pram buon – 5+4)
  • 10 : ដប់ (dap)

Easy as that!

katieng waterfall

Katieng waterfall

katieng waterfall
katieng waterfall

Premières pluies

Nous arrivons à la fin de la saison sèche. Bientôt, une mousson de 6 mois arrosera les terres arides du Cambodge. Sans doute pour marquer le coup avant de céder sa place à la pluie, le soleil nous écrase de sa chaleur. 40 degrés, 12 d’indice UV, nous mettons un pied dehors et notre blanche peau d’Européen est frappée à coup de rayons ultraviolets. 

« Les fortes périodes de chaleur comme celle-ci indiquent l’arrivée des premières pluies. Les premiers jours de la mousson, nous ne sortons pas. L’eau qui tombe est dangereuse pour la peau et la santé : elle fait office de rinçage, entraînant avec elle pollution, gaz, poussière et fumée », nous a expliqué Nita.

Depuis, nous guettons les premiers signes de pluie pour nous prévoir une journée film, à l’abri, dans un lit douillet.

Kachanh waterfall

Kachanh waterfall
Kachanh waterfall
Kachanh waterfall

Yeak Laom lake

L’itinéraire pour rejoindre ce lac volcanique, presque parfaitement circulaire, fut épique : chemin recouvert de dix centimètres de poussière, slalom entre les arbres, sentier de sable.

On peut désormais le dire : nous manions l’art de la moto d’une main de maître. Plus rien ne nous arrête !

Yeak Laom lake
Yeak Laom lake

The loop

Lorsqu’on prépare un voyage en Asie du Sud-Est, les blogs et agences mettent toujours en avant la loop à ne surtout pas manquer. J’imagine qu’il a fallu d’une personne pour leur offrir la renommée qu’elles ont toutes aujourd’hui. Alors pourquoi pas nous ? Pourquoi ne serions-nous pas ceux qui découvrent la boucle du siècle ?

I mean, it was worth trying… mais la loop que je nous avais concocté fut parsemé de quelques jolis chemins de terre entre de longues pistes de route nationale où nous avons du avaler une demi-tonne de poussière. 

the loop ratanakiri
the loop ratanakiri

Nous avons tout de même eu des instants de fun comme celui où l’on s’est retrouvé face à une belle descente menant à une rivière. Le plus compliqué fut l’exécution d’un dérapage contrôlé jusqu’au rivage (chose ratée pour ma part ; Véruca m’a tatoué au fer chaud en tombant sur mon mollet). Puis, il a fallu évaluer le meilleur passage pour traverser la rivière sans noyer le moteur. Cette fois-ci, mission accomplie ! Seules mes chaussures ont été soigneusement englouties sous l’eau…

Le thanh border

Notre plan initial était de rejoindre l’unique poste-frontière entre le Cambodge et le Laos, situé à une petite centaine de kilomètres de Banlung (capitale de la province du Ratanakiri). Pourtant, cette frontière traîne la réputation d’être l’une des plus corrompues d’Asie. De plus, il est presque impossible pour des étrangers de la franchir avec une moto.

Nous étions malgré tout prêts à tenter l’aventure, quitte à céder aux pratiques locales en laissant une centaine de dollars aux douaniers. Mais nous avons vite déchanté en apprenant que beaucoup ont dû abandonner leurs motos en essayant de les ressortir du pays. À l’inverse, les autorités vietnamiennes, moins enclines à ce type d’arrangements que leurs voisins laotiens, appliquent strictement leurs réglementations.

le thanh

Par chance, Nita nous assura que la frontière entre le Cambodge et le Vietnam, située à seulement une heure de route, accepterait notre passage avec les motos, sans même poser de questions.

Plans are made to be changed, I guess. Le Laos attendra… 

Vietnam, here we come again! 🇻🇳

Notre départ fut finalement retardé d’une journée à cause de Véruca qui, visiblement en manque d’attention, décida de passer la nuit et toute la journée suivante chez le mécanicien, incapable de mettre le doigt sur l’origine de son mal-être. Il aura suffi de lui offrir un carburateur tout neuf pour qu’elle se remette à ronronner comme si de rien n’était.

Spoiled girl! Apparemment, les 120 dollars déjà dépensés pour ses soins ne lui suffisaient pas…

La frontière était déserte. Nous avons franchi chaque barrage (côté cambodgien, puis côté vietnamien) sans encombre et sans la moindre question.

Alors que nous approchions du dernier poste de contrôle, un camion s’est arrêté en même temps que nous. J’ai freiné de toutes mes forces, mais Véruca, capricieuse qu’elle est, n’en fit qu’à sa tête et ne m’obéit qu’une fois la roue avant encastrée dans le camion.

le thanh

Tuto : comment amener la police vietnamienne à s’interroger sur la détention de votre permis moto en une seule étape ?
Pour plus de détails, n’hésitez pas à me contacter !

Heureusement, bien que subjugués par la scène, les douaniers nous ont finalement laissés repartir après un rapide coup d’œil à nos passeports.

Loan m’avouera plus tard la vague de panique qui l’a traversé à cet instant. Il nous imaginait déjà devoir présenter nos permis, voir nos motos confisquées, et le chauffeur du camion me réclamer un dédommagement pour les légers dégâts causés.

Thank God, l’imagination ne façonne pas la réalité. Au final, seuls un joli bleu sur le mollet et une Véruca légèrement endommagée me rappellent la maladresse de ce 9 avril.

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